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On rentre dans la période la plus importante de l’année pour l’industrie, celle qui doit rapporter beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup de sous aux actionnaires. Tous les éditeurs, balancent la sauce sur les 3 mois précédant les fêtes de fin d’année… quitte à noyer les joueurs sous une masse de hits presque informe et perdant toute saveur. Les sorties s’enchainent à un rythme absolument intenable que même les gamers initiés ont du mal à encaisser. Entres les dates prévues, les reports, les différents deals selon la plateforme, les consoles slim, les éditions collectors, day one, démat, et j’en passe… Imaginez un peu la confusion pour le grand public… Du coup, c’est un peu à qui criera le plus fort à la PGW que son jeu ou sa console est meilleur, à celui qui fera la plus grosse promo (télé, habillage web, journaux, pub cinéma… tous les médias y passent). Le plaisir et les qualités intrinsèques de chaque titre se retrouvent masquées, brouillées par ce brouhaha marketing indigeste à base de « TU DOIS JOUER A CE JEU CAR C’EST BIEN OK? » qui me soule de plus en plus chaque année.

Coup de gueule

Alors concrètement cette année ça donne à peu près ça :

PlayStation réactualise sa PS4 en septembre, et sort en plus la PS4 Pro 2 mois après (ouais 2 mois après). Entre temps, ils balancent aussi le casque PlayStation VR et sa trentaine « d’expériences », ainsi que Gravity Rush 2 et The Last Guardian (même si on n’est pas à l’abri d’un énième report pour celui la).

Xbox sort en 1 mois ReCore, Forza Horizon 3 et le mastodonte Gears Of War 4, qui accompagnent la Xbox One S.

EA sort fin octobre, à 1 semaine d’écart (1 semaine BORDEL !) : Battlefield 1 et Titanfall 2.

2K envoie en 6 semaines Bioshock The Collection, NBA2K17, Mafia 3, XCOM 2 sur consoles, et Civilization VI.

Bethesda sort Dishonored 2 le 11 novembre.

Ubisoft sort Watchdogs 2 le 19 novembre.

Square Enix sort Final Fantasy XV le 29 novembre en plus de Dragon Quest Builders et Final Fantasy World.

– Et bien sur, on n’oublie pas Activision et son Call Of Duty Infinite Warfare doublé du remake de Modern Warfare, qui va comme d’habitude (et peut-être même plus cette année) pulvériser les records de vente.

– Et j’en ai peut-être oublié…

STOP ! Plus d’une dizaine de AAA en moins de 3 mois, avec en prime de nouvelles consoles et un casque VR. On remercie Nintendo de ne pas sortir sa NX et son Zelda Breath of the Wild pour Noël. Vraiment.

Le problème dans tout cela, c’est que la plupart des jeux cités seront probablement très chouettes. Même si je n’aime pas ce terme, je me range plutôt dans la catégorie  « hardcore gamer »… un mec qui joue vraiment beaucoup (trop), chez lui, dans le métro, le week-end, la semaine etc… Je suis curieux, et clairement pas sectaire/fanboy/obtu : j’aime toutes les plateformes (un peu moins le PC j’avoue :p), et peux apprécier quasiment tous les styles… Alors forcément, je me prends la déferlante vidéoludique en pleine gueule, et suis obligé de faire des choix. Et comme on dit : choisir c’est renoncer (et je n’aime pas renoncer).

L’époque où on attendait tous LE hit (pas les 12 hits) de fin d’année me semble très lointaine… Avant, on avait le temps de jouer à nos jeux, on les dosait, on les séchait dans tous les sens jusqu’à la dernière goutte, avant d’aller s’acheter le suivant. On était jeunes et fauchés c’est vrai, mais on avait l’espace nécessaire pour apprécier chaque sortie, sans enchainer systématiquement, voir machinalement les titres. Il faut dire que l’industrie ne rapportait pas autant qu’aujourd’hui, les budgets n’étaient pas si colossaux, et donc les enjeux et la pression du calendrier moindres. Le jeu vidéo c’était grand public, mais pas trop non plus. C’était surtout un truc d’ado, qui n’intéressait pas tant que ça les grands médias. Et puis il n’y avait pas internet, les consoles n’étaient pas connectées. Résultat : les gros studios prenaient le temps de finir leur produit (la plupart du temps) avant de le commercialiser. Aujourd’hui, c’est freestyle complet : les devs n’ont même pas fini le jeu, que l’éditeur le passe Gold, avec un gros patch Day One de 15Go. Fuck that !

J’idéalise sans doute un peu cette époque du jeu vidéo. Mais je pense tout de même qu’elle m’a permis de me forger de beaux souvenirs de joueur, en me laissant le temps d’apprécier chaque titre à sa juste valeur. Forcément : il y’avait moins de jeux, moins d’urgence, moins de « bruit ». On savait pourquoi on jouait, pourquoi on avait attendu 1 an en feuilletant les previews de Console+… Il y’avait tout un cheminement, un rituel… C’est aussi grâce à cela que certains jeux m’ont marqué à jamais, que je me rappelle parfaitement de niveaux entiers de Super Mario World, des musiques de Secret of Mana, ou des morceaux à l’Ocarina du Temps. C’est indélébile. Je ne dis pas que ce n’est plus possible aujourd’hui… Mais je crois que le fonctionnement actuel de cette industrie pousse trop à la boulimie, l’instantanéité, et laisse nettement moins de place à l’attachement. On joue, on kiff, on oublie et on passe à autre chose en rangeant la boite, ou en revendant aussitôt le jeu (les bacs d’occaz n’ont jamais été aussi remplis… à peine quelques jours après une sortie). Pas sur que dans 15 ans, les jeunes d’aujourd’hui se rappellent avec autant d’émotion leur partie de Dishonored 2, aussi excellent soit-il.

13 COMMENTAIRES

  1. Je suis d’accord avec ce que tu dis (surtout dans les deux derniers paragraphes).

    Mais je pense que les joueurs ont le choix. Le choix de ne pas tout acheter, le choix d’attendre une version GOTY avec toutes les maj et les dlc, le choix de ne choisir que un ou deux jeux par mois, le choix de ne pas céder au marketing. Internet nous permet de connaître quand même un jeu, son univers, son gameplay. On peut plus facilement choisir ce qui peut nous intéresser.

    Je viens de m’acheter Gravity Rush ps4 à 20 balles à la fnac. Ce soir, je compte bien éclater mes chronos à Sega Rally. Et puis je garde Shining Force 3 et The Witcher 3 goty pour plus tard ;-)

    • Oui bien sur, les joueurs ont le choix. Mais ce choix est bien souvent altéré par les campagnes grandiloquentes de promotions, et l’envie de jouer à tout comme dit Marko plus bas ! Après on peut toujours jouer en décalé, mais ça ne fait que décaler le problème finalement… La pile de jeux « à faire » augmente et les sorties continuent d’affluer ;)

      • Et puis jouer en décalé comporte certains avantages (prix), mais aussi certains défauts… Par exemple, jeux multis obligent, je suis pas certains que se lancer dans Call of Duty en février soit l’idée de siècle si on ne veut pas se faire dégommer… (je dit pas que ce sera forcément le cas, j’ai fais Black Ops II 8 mois après sa sortie, et je faisais bien rager les ennemis)… mais ça doit en faire réfléchir plus d’un à mon avis

  2. Totalement d’accord avec toi. Les fins d’année sont de pires en pires et lire ton article m’a limite filé le tournis.
    Par contre, avec une pointe de recul, je trouve la démarche un poil égoïste de notre part. Il y a de plus en plus de joueurs et il faut bien qu’il y en ait pour tout le monde.
    Le vrai problème, c’est qu’on a juste envie de jouer à Tout !

  3. [Blague] Je suis déçu de pas avoir mon Assassin’s Creed pour Noel cette année !

    Dans cette pluie de nouveautés, reste à choisir les hits qu’on veut vraiment et laisser le temps aux autres titres de tomber à 30 EUR dans les 6 mois ;)

  4. Entièrement d’accord avec toi! En revanche j’ai de la chance car j’ai d’autres passions qui me prennent du temps et de l’argent et surtout je suis très sélectif sur mes choix de jeu. J’achète rarement day one. Toutes ces sorties me touchent peu car il n’y a pas beaucoup de jeux qui me plaisent. Comme dit plus haut le mieux est d’acheter quand on veut/peut jouer à un jeu. Je comprends pas l’intérêt de tout pré commander et d’empiler des boites sur des étagères. Pour beaucoup le plus important n’est pas de jouer à un jeu mais de le posséder. Les éditeurs l’ont bien compris, du coup ils sortent tout en fin d’année, période où les dépenses sont les plus importantes….
    Je pense que c’est plus le mode de consommation actuel qui engendre toutes ces sorties. L’industrie du film est assez proche, aujourd’hui on peut preco un bluray dont le film vient de sortir au cinéma.

    • Oui, il y’a également l’aspect « collection » mais ça ne concerne que peu de monde au final. Et il est évident que l’industrie du jeu vidéo est un reflet du mode de consommation général de notre époque : à la chaine, sans attachement, en passant d’un blockbuster à un autre et en l’oubliant aussitôt. On retrouve ce schéma partout dans le divertissement. Au cinéma par exemple : 1 Star Wars par an. Allo.

      L’industrie vidéoludique est saturée. C’est comme ça, c’est un fait. Après il y’a ceux qui s’en foutent, ceux qui sont contents, et ceux que ça soule :)

    • Je suis d’accord avec cette histoire de mode de consommation qui veut qu’on achète tout dès la sortie.
      En revanche je suis plus mitigé sur le fait que cela engendrerait ces sorties de fin d’années… Au contraire, avec les cadeaux de Noël à faire et les promos de fêtes et autres (Black Friday) on à plus tendance freiner ses achats perso, ou éventuellement se rabattre sur ces promos qui ne concernent pas les dernières sorties…
      Pour moi le seul argument à sortir ces jeux en fin d’année, c’est de se dire qu’une partie des joueurs vont demander les jeux de moins de 3 mois sous le sapin… ça et le fait que les éditeurs se concurrencent donc = Call of Duty sort en novembre pour Noël, Battlefield ne peut pas louper le coche et sortir en février ou en Août…

      Les collectionneurs achètent qu’elle que soit la période.

      • En fait, cela catalyse le phénomène de surcharge de fin d’année. C’est la période durant laquelle le plus gros chiffre est fait, là où les gens dépensent leur argent, achètent (ou rachètent) des consoles, avec des jeux etc… Il est donc normal que les éditeurs aient envie de tout balancer à ce moment là.

  5. Je suis bien d’accord,
    Et d’ailleurs, Gravity Rush 2 est repoussé à janvier.
    J’hallucine sur les sorties par éditeurs : je n’avais pas tilté pour Titanfall & Battlefield…

    Perso n’étant désormais chez moi que les soirs de semaines à partir de 19h30 (#mylife), et contrairement à une époque ou j’achetais tous les jeux day-one malgré l’absence de possibilité/temps pour y toucher… maintenant je fais le tri,
    pour cette fin d’année je me limite, à savoir :
    Forza Horizon 3 / septembre
    Watch Dogs 2 & Dishonored 2 (collector) / novembre
    Et c’est tout.
    Battlefield 1, Gears of War 4, Mafia III, Tomb Raider, Call of Duty, Titanfall 2, Steep et The Last Guardian passent à la trappe purement et simplement, avec les sorties qui s’enchainent et les jeux à finir, pas certains que je les prennent en occaz plus tard…
    sachant que j’ai Gravity Rush 2 (…) et Resident Evil 7 prévus en janvier et Ghost Recon en mars (2ème grosse période vidéoludique mars-avril, soit dit en passant) mon calendrier est blindé pendant un moment.

    Dire qu’on se fait chier comme un rat mort pendant les 3 mois d’été, et qu’on nous lâche tout ça en pleine période de boulot … :roll:

    • Tu illustres parfaitement mon propos. Ces jeux aussi excellents soient-ils, passent à la trappe, puisque tu fais des choix. TU n’y joueras probablement jamais.

      Je déplore aussi le fait que des gens (dont je fais partie), soient attirés par plusieurs de ces jeux sortant tous en même temps, et du coup les enchainent, (tout en kiffant l’instant c’est pas le problème), mais en les oubliant aussitôt. C’esty le principe de rareté. On aime et on s’attache plus aux choses rares. Si on était tout le temps en vacances, ça serait cool, mais on ne savourerait plus cela de la même manière.

      Les jeux qui m’ont VRAIMENT marqué ces dernières années se comptent sur les doigts d’une demie main.

      • Bien d’accord.

        C’est d’ailleurs pour ça que je fait le tri dans mes achats, éviter la profusion et donc éviter de se détourner à la première occasion d’un jeu non terminé.

        Et être toujours en vacances nous lasserait, d’ailleurs, dans le même type de réflexion, j’ai plus de mal à m’impliquer pleinement dans un jeu PS+/GWG (que j’entasse) que dans un jeu acheté… et ce même quand il s’agit de AAA.

        Ouais, sans dire que les jeux sont moins bons maintenant, ceux qui sortent vraiment du lot se font rare.

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