Belle surprise du State of Play dernier ; PlayStation nous a offert un joli shadowdrop : God of War: Sons of Sparta sur PS5. Et je vous avoue que j’ai d’abord été un peu dubitatif face à ce God of War en 2D pixel art, avec une structure Metroidvania… sur le papier, ça sentait le spin-off sympa, mais vite oublié… Sauf que manette en main, après avoir décroché le trophée Platine, mes doutes se sont envolés. J’ai compris l’intention et la force du jeu : condenser l’ADN de la saga dans un format plus compact; qui ne trahit pas Kratos. Je ne vais pas vous mentir, le début est un peu âpre. Les premières heures sont sèches, avec une progression qui prend son temps et une exploration un peu trop sage. Puis, heure après heure, Sons of Sparta se bonifie. La boucle exploration-amélioration-retour dans les zones déjà visitées devient de plus en plus satisfaisante, jusqu’à littéralement me happer pendant plus de 20 heures.

Un Metroidvania classique, à la lance et au bouclier
On va être clair : le jeu ne réinvente pas le genre. On est sur une structure Metroidvania très lisible, avec des capacités qui ouvrent progressivement la carte, des raccourcis bien placés, et cette mécanique de revenir “au bon moment” pour atteindre un passage qui nous narguait. Rien de nouveau à l’horizon. La différence, c’est la façon dont tout cela colle au lore God of War. Les outils, la progression et le rythme ont une cohérence avec l’univers. Le jeu n’est clairement pas juste « un Metroidvania avec Kratos en skin ». C’est un vrai spin off God of War, raconté par Kratos lui même à sa fille, avant les tristes événements que l’on connait.
Dans Sons of Sparta, oubliez la hache ou les doubles lames. Le jeu mise sur un Kratos en formation qui se bat à la lance et au bouclier. Et en 2D, ce choix marche : lecture claire des distances, importance du placement, et un bouclier qui oblige à jouer assez « propre ». Le gameplay est un peu sec, un peu rugueux, mais après tout on est en plein dans la formation d’un jeune spartiate ;) Les combats deviennent vraiment agréables quand on comprend le tempo : punir une ouverture, reculer au bon moment, gérer plusieurs ennemis sans se faire enfermer (ce qui m’est arrivé un grand nombre de fois…) Le jeu peut être exigeant, parfois un peu rude sur certains dégâts de contact, mais il récompense la maîtrise, et ça me plait (mon côté fanboy From Software). La nervosité est là, malgré parfois un petit manque de précision un peu irritant.
La progression repose sur les “dons” : des pouvoirs et outils divins qui servent à la fois au combat et à l’exploration. On récupère une capacité, et soudain on relis la carte autrement : un rebord devient atteignable, un couloir s’ouvre, un obstacle se traverse. Classique, mais très cohérent avec le lore. Dans le lot, il y a des dons orientés mobilité (vitesse, saut, accès à des plateformes jusque-là hors de portée).
Et il y a les dons orientés combat, ceux qui consomment la magie : attaques spéciales, effets de zone, options à distance pour contrôler l’espace, ou buffs plus “mêlée” pour accélérer les enchaînements. La marge de progression est excellente, et accompagne très bien la montée en puissance du jeune spartiate
Rythme, histoire et pixel art magnifique
Le parti pris pixel art est très réussi, avec des décors franchement superbes. Il y a des ambiances fortes, des environnements qui changent réellement d’une zone à l’autre : je me suis surpris à parfois m’arrêter quelques instants pour contempler les décors. C’est superbe. Les musiques, elles aussi sont excellentes. Elles accompagnent parfaitement l’exploration, donnent du souffle aux combats, et apportent une identité mythologique teintée d’électro au jeu. C’est une vraie force du jeu, surtout dans un format 2D où l’ambiance est une part importante de l’expérience.
Si je devais pointer du doigt une faiblesse, c’est l’histoire. Elle a le mérite de poser un cadre narratif, mais manque vraiment d’enjeux, de mordant, d’enjeux… Dans God of War Sons of Sparta, l’aventure se vit surtout par le gameplay, l’exploration et le challenge. En revanche, le rythme global s’améliore clairement avec le temps. Plus on avance, plus la carte s’ouvre, plus les options de déplacement et de combat rendent l’ensemble fluide. Et c’est exactement pour ça que je comprends mal certaines réactions très dures.
Mon étonnement face aux critiques négatives
Je peux entendre qu’on n’accroche pas au format 2D. Je peux entendre qu’on trouve le début trop sec. Mais certains avis donnent l’impression d’un jeu plat, sans ambition, presque “indigne” du nom God of War. Et là, je ne suis pas d’accord. Au contraire, plus je jouais, plus j’avais le sentiment qu’une partie des critiques négatives venait d’une expérience trop survolée, voir même totalement incomplète. Sons of Sparta se révèle vraiment quand on l’explore, quand on prends le temps de revenir, de chercher les secrets, d’optimiser son build et de comprendre la logique de ses zones. C’est tout ce qui rend le jeu solide, bien qu’imparfait.