Test de Death Stranding 2 sur PS5 réalisé à partir d’une version fournie par PlayStation France.

Death Stranding premier du nom m’avait laissé perplexe, intrigué, fasciné par ce que j’avais alors qualifié de « jeu méta sans gameplay ». Le pari de Kojima consistait à déstructurer et réinventer les conventions mêmes du jeu vidéo en proposant une expérience dont la valeur tenait davantage à l’intention philosophique qu’au plaisir ludique pur. Avec Death Stranding 2 : On the Beach, Kojima prolonge cette réflexion, mais dans une trajectoire plus contrastée, plus lisible, aussi bien dans ses réussites que dans ses limites.

Test avis Death Stranding 2 sur PS5

Dès les premiers instants, l’intention de proposer une suite plus accessible est manifeste. Le récit, toujours hanté par une apocalypse mélancolique, creuse davantage encore la solitude des êtres et leur quête de connexion. Mais là où Death Stranding invitait à traverser des paysages aussi désolés que sublimes en laissant une part significative au vide, cette suite occupe davantage l’espace ludique par des mécaniques plus affirmées, plus directes, et paradoxalement plus conventionnelles par rapport au jeu initial. Cette réorientation pose une question centrale : en cherchant à séduire ceux que l’austérité du premier opus avait laissé à la porte, Death Stranding 2 ne perd-il pas une partie de son identité profonde ? La réponse est nuancée. Oui, le jeu gagne en dynamisme. Oui, il est plus agréable à prendre en main, grâce à un gameplay plus précis, plus fluide, et à des séquences d’action mieux intégrées à la progression globale. Mais il y perd aussi une part de sa singularité radicale, cette audace clivante qui faisait de lui une expérience presque conceptuelle, assumant totalement son aspect « méta ».

Test avis Death Stranding 2 sur PS5

Cependant, réduire Death Stranding 2 à un simple compromis serait trop facile. Car là où le jeu trouve une certaine justesse, c’est clairement dans l’équilibre entre narration et interactivité. Kojima semble avoir pris acte des critiques émises sur l’aspect contemplatif excessif du premier volet et propose désormais des phases de jeu un peu plus rythmées, où chaque déplacement est planifié, chaque décision a du sens, tant sur le plan symbolique que mécanique. Sur ce point, l’atmosphère sonore et musicale du jeu (dont le thème est signé par Woodkid), joue un rôle essentiel. Elle accompagne l’état émotionnel du joueur, renforçant l’immersion dans un univers toujours étrange, mais désormais un peu plus balisé. Cette « finesse auditive » contribue à cette sensation de faire partie intégrante du récit, bien que certains moments paraissent plus téléphonés que dans le premier opus.

Test avis Death Stranding 2 sur PS5

En revanche, si Death Stranding 2 s’affirme comme une œuvre émotionnellement cohérente, il peine à masquer certaines faiblesses structurelles. Malgré les efforts pour proposer une narration moins cryptique, les cinématiques, toujours somptueuses mais souvent trop longues, interrompent fréquemment le rythme que le jeu avait réussi à installer. Cette volonté persistante de « dire » plutôt que de « montrer » par le jeu en lui-même témoigne d’une hésitation entre deux visions incompatibles : le cinéma interactif et le jeu pleinement immersif.

À cela s’ajoute une impression difficile à écarter : celle que Death Stranding 2 ressemble davantage à une version 1.5 qu’à une véritable suite. Sa structure narrative, sa progression, son découpage en chapitres et sa logique de gameplay reprennent de manière quasi identique le schéma du premier opus. Le sentiment de familiarité devient parfois pesant, et l’on peut regretter que cette suite, si elle conserve ses qualités, manque de prise de risque formelle et d’innovation franche. Pour un jeu qui avait initialement tout misé sur la rupture, cette continuité presque paresseuse face à l’ambition du premier opus, déçoit paradoxalement.

MA CONCLUSION
Ma note
8
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test-avis-death-stranding-2Plus abouti dans son exécution, mieux rythmé et doté d’un gameplay largement affiné, Death Stranding 2 m’a davantage séduit que son prédécesseur. Un gain de maîtrise qui justifie à mes yeux un demi-point supplémentaire sur l’échelle d’appréciation par rapport au 1. Il incarne une conception très particulière du jeu vidéo, kojimesque diront certains, qui assume (un peu) le risque de déplaire pour tenter de transmettre une expérience plus profonde. Et en cela, ce nouvel opus parvient encore à offrir une proposition intéressante. Malgré tout, cette satisfaction ludique très immédiate, voir addictive de ses mécaniques, se heurte à un constat : cette suite peine à renouveler en profondeur ce qu’elle prolonge. En reproduisant presque à l’identique la structure, la progression, la narration et les thématiques du premier jeu, elle prend davantage des allures de version 1.5 que de véritable deuxième acte. Comme si, fondamentalement, tout avait déjà été dit il y'a 6 ans.

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